Rudolf Duala Manga Bell

Written by Robert N'TOKO. Posted in Archives Cameroun, Kamerunstadt (Le Douala Allemand), Les rois DUALA

rudolf-duala-manga-bellRudolf Duala Manga Bell (1873-8 Août 1914) était un roi Duala et chef de la résistance dans la colonie allemande du Kamerun (Cameroun). Il a régné du 2 Septembre 1908  au 8 Aout 1914. Il épouse Emily Engome Dayas. Fils de Manga Ndumbe Bell.

Après avoir été instruits dans les deux Kamerun et en Europe, il a succédé à son père Manga Ndumbe  Bell le 2 Septembre 1908, européanisé et soutenant généralement les autorités allemandes coloniales. Il était très riche et instruit, bien que son père lui a laissé une dette importante.

En 1910, le Reichstag allemand a élaboré un plan par lequel les riverains Duala seraient déplacés à l’intérieur des terres pour permettre une installation aux colonies riveraines entièrement européennes. Manga Bell est devenue le leader politique de la résistance Duala. Lui et les autres chefs commence par faire pression sur l’administration coloniale à travers des lettres, des pétitions, et des arguments juridiques, mais ceux-ci ont été ignorés ou réfutés. Manga Bell s’est tourné vers d’autres gouvernements européens pour avoir de l’aide, et il a envoyé des représentants aux dirigeants des autres peuples camerounais afin de leur suggérer le renversement du régime allemand. Le Sultan Ibrahim Njoya du peuple Bamum n’étant pas d’accord a rapporté le plan de Rudolf aux autorités allemandes, et le chef Duala a été arrêté. Après un procès sommaire, Manga Bell a été pendu pour haute trahison le 8 Août 1914. Ses actions font de lui un martyr aux yeux des camerounais. Des écrivains comme Mark W. DeLancey, Mark Dike DeLancey et Helmuth Stœcker voient dans ses actions un exemple précoce du nationalisme camerounais.

 

Début de la vie et le règne

rudolf-duala-manga-bell-2Manga Bell a été né en 1873 à Douala dans la colonie allemande du Kamerun. Il était le fils aîné de Manga Ndumbe Bell, roi de la lignée de Bell du peuple Duala.  Son oncle occidentalisé David Mandessi Bell a eu un grand impact sur lui, et pendant sa  jeunesse, après ses études primaires à Douala, il les  poursuit en Allemagne et étudie le droit à l’université de Bonn, avant de revenir au Cameroun en 1896 et intégrer l’administration judiciaire allemande. Quand le prince revint à Kamerun, il était l’un des hommes les plus instruits de la colonie avec les normes occidentales. Il a fait d’autres visites périodiques en Europe, par exemple quand il a voyagé à Berlin, en Allemagne, et Manchester, en Angleterre, avec son père en 1902. A Manchester, il a rencontré le maire à l’hôtel de ville ce qui a été mentionné dans l’édition d’Octobre de l’African Times, (où l’éditeur doutait que lui et son père appartenait à la vrai  royauté réelle). Manga Bell a épousé Emily Engome Dayas, la fille d’un commerçant anglais et une femme Duala.  Quand son père est mort le 2 Septembre 1908, Manga Bell a succédé comme le roi de la lignée Duala Bell. Il était traditionnellement installé le 2 mai 1910 par le chef suprême de Bonabéri. Manga Bell a hérité d’une pension de 8000 Marks, le cacao et le bois et des intérêts dans la vallée de la rivière Mungo, la propriété et l’immobilier à Douala, et une position lucrative en tant que chef d’une cour d’appel ayant compétence sur le littoral du Cameroun. Son père et son grand-père, Ndumbe Lobe Bell, l’a laissé dans une forte position politique avec les Bell, dominante sur les autres lignées Duala. Cependant, son père lui a laissé aussi une dette importante de 7000 marks.

LE Prince Manga Bell a vécu pendant-plusieurs annees dans la famille Oesterle

Le Prince Manga Bell a vécu pendant-plusieurs années dans la famille Oesterle

Rudolf Duala Manga Bell a été contraint de louer des bâtiments pour les intérêts européens et déplacer ses propres bureaux à l’intérieurs dans le quartier Douala de Bali. Il possédait 200 hectares de plantations de cacao en 1913 ce qui représente une grande quantité pour les normes Duala; Sa dette avait été réduite à 3000 marks le 13 Juillet 1912. Le règne de Manga Bell était européanisé. Ses relations avec les Allemands ont été largement positives, et il a été considéré comme un bon citoyen et collaborateur. Néanmoins, parfois il allait à l’encontre des administrateurs coloniaux. En 1910, par exemple, les autorités allemandes l’ont arrêté et accusé (sans preuve) de détournement bancaire.

Le Problème Duala : le projet du « gross Duala »

         Le premier acte posé par les Allemands en vue de l’expropriation des terres, en violation de la troisième réserve du traité de protectorat, est l’ordonnance du 15 juillet 1896, qui fait du Cameroun, une terre de la couronne. D’autres actes vont suivre, notamment l’ordonnance du 14 février 1903 qui établit le droit d’expropriation des terres pour cause d’utilité publique avec compensation par le paiement d’une simple indemnité.
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Vue du plateau Joss, à Douala, vers 1900 (le palais au premier plan est celui du roi Bell) Source : http://www.douala-guide.net/histoire-joss.htm

          En 1910, le gouvernement local allemand veut devenir maître du plateau Joss et des bords du Wouri alors que ces terres appartiennent aux Duala. En échange, ces derniers doivent recevoir des dédommagements et s’installer hors de ces quartiers réservés aux Européens. Officiellement, cette politique est pratiquée pour des « raisons d’hygiène » car le médecin du gouvernement allemand, le docteur Ziemann prétend que « 72% des Duala sont infestés par la malaria. Robert Koch propose de faire disparaitre la malaria avec la quininisation de la population, mais le docteur Ziemann s’oppose à cette idée, sous prétexte qu’elle est irréalisable.
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Projet urbain allemand, décidé en 1910

 Les Allemands prévoient la division de la ville en trois zones : un secteur pour l’établissement des services publics et des résidences pour les Européens, un secteur pour les Duala (les quartiers New Deido, New Akwa et New Bell), et entre les deux secteurs, une zone tampon d’au moins un kilomètre de large. Par ce projet, le gouvernement allemand entend empêcher les Duala de tirer profit de leurs terres. Lorsqu’ils sont informés, leurs chefs s’y opposent : « nos terres et biens sont notre richesse, c’est de leur vente que nous vivons ».

Le prince Manga Bell et d’autres dirigeants Duala ont envoyé une lettre au Reichstag en Novembre 1911 pour protester contre les saisies de leurs terres comme suit:

En raison de leur impuissance à pouvoir se défendre, les chefs supérieurs de Duala prient respectueusement la Haute-Diète allemande de bien vouloir demander très gracieusement au Bundesrat ou bien à Monsieur le Chancelier de prendre des mesures pour l’annulation de l’expropriation de notre bien-fonds ainsi que pour celle du refoulement du peuple duala loin du fleuve, refoulement qui mettrait tout le peuple dans l’impossibilité de subvenir à ses besoins.” Les Allemands ont été surpris par la lettre du prince Manga Bell, mais ils ont ignoré la plainte.

Les chefs ne veulent pas renoncer aux terres léguées par leurs ancêtres à un prix dérisoire et souhaitent obtenir au moins le double de la somme proposée qui est de 40 Pfennigs par m². Le 8 mars 1912, ils réitèrent leur appel à Berlin et se demandent depuis quand leur patrimoine foncier agricole est-il devenu propriété du gouvernement ? Röhm (responsable du Bureau Régional) est d’avis qu’ils n’y a rien à craindre des Duala, souvent divisés. Mais cet optimisme s’évanouit car, en décembre 1912, les principaux rois (Rudolph Manga Bell, Dibussi Dika et Ekwala Epee) se concertent et décident de ne choisir aucun lieu de résidence et maintenir leur refus d’expropriation. Manga Bell déclare même que, « selon le traité de 1884, le droit de régler les problèmes fonciers n’incombent pas au Reich, mais aux Duala ». telegr_duala_empereur_1913_fev_recadreEn janvier 1913, Rudolph Manga Bell émet un nouveau télégramme et lorsque le chef de district est mis au courant  de cette démarche, ce dernier entreprend immédiatement une procédure accélérée pour pétition directe et illégale.

Parallèlement, il prend un arrêté entérinant l’expropriation.

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 Les Allemands ont répliqué que le traité germano-Duala leur a donné le pouvoir de gérer les terres Duala comme ils l’entendent. Au mois d’Août 1913, En août 1913, Röhm oblige Rudolf Manga Bell à choisir entre ses prérogatives de chef de tribu ou continuer son combat. Ce dernier opte pour la deuxième solution et est démis de ses fonctions, ce qui augmente l’agitation dans la ville. Tout au long de l’année 1913, les souverains duala persistent dans leur protestation et multiplient pétitions et télégrammes, comme celui du 24 novembre 1913. Ils le dépouille de sa pension annuelle de 3000 marks. A sa place, ils ont mis son frère, Henri Lobe Bell. Le Reichstag a débattu de l’expropriation pendant la première moitié de 1914.

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Adolf Ngoso Din secrétaire du Prince

Manga Bell a demandé de l’aide à un juriste, le docteur Halpert et a un journaliste allemand Hellmut von Gerlach. Gerlach a réussi à obtenir une ordonnance de suspension de la Commission du budget du Reichstag en Mars, mais l’ordre a été annulé lorsque le Secrétaire Colonial Wilhelm Solf a convaincu les journalistes, des hommes d’affaires de la colonie, les politiciens, et d’autres groupes pour de se rallier finalement derrière l’expropriation. Manga Bell et les chefs Duala ont demandé l’autorisation d’envoyer des émissaires en Allemagne pour plaider leur cause, mais les autorités ont refusé. En secret, Manga Bell a envoyé son secrétaire  Adolf Ngoso Din en l’Allemagne engager un avocat pour les Duala et de poursuivre l’affaire devant les tribunaux.

Ce travail finit par porter ses fruits, car, le 18 mars 1914, la commission budgétaire du Reichstag, à titre de mesure conservatoire, décide de ne pas accorder les moyens financiers sollicités par le gouverneur allemand. En même temps, Rudolf Duala Manga Bell s’emploie à persuader le maximum de tribus en dehors des Duala, afin de les mobiliser pour le combat contre l’autorité coloniale. Le message généralement envoyé est celui-ci : « Quand les Allemands en auront fini avec nous, c’est-à-dire nous aurons pris nos terres, ce sera votre tour ». De plus en plus surveillé, il envoie des émissaires auprès d’autres chefs à l’instar des chefs de l’Ouest Tettang de Bagam et le sultan Njoya des Bamoun, à Foumban.

Le désespéré Manga Bell se serait tourné vers d’autres gouvernements européens et les dirigeants des autres groupes ethniques du Kamerun pour le soutien. Il n’existe pas de preuve du contenu de sa correspondance avec les puissances européennes, il peut avoir simplement cherché à se répandre pour plaider sa cause. Ses émissaires aux dirigeants du Kamerun ont atteint Bali, Balong, Dschang, Foumban, Ngaoundéré, Yabassi et Yaoundé. Karl Atangana, chef des peuples Ewondo et Bane, a gardé le plan de Manga Bell secret, mais a exhorté le leader Duala à reconsidérer sa position. Dans les terres Bulu, Martin-Paul Samba a accepté de communiquer avec les Français pour le soutien militaire si Manga Bell a demande l’aide aux Anglais. Cependant, il n’y a aucune preuve que Manga Bell l’ai jamais fait. Le 26 avril 1914, Ndame, l’émissaire de Rudolf, est reçu par le sultan Njoya à Foumban, C’est au cours de cette entretien qu’il aurait indiqué, d’après les archives allemandes, que Rudolf Duala Manga Bell avait l’intention de s’adresser aux Anglais, qu’il estimait meilleurs gestionnaires coloniaux : « Les Allemands sont injustes, ils n’aiment pas les chefs des Noirs… Les Anglais par contre n’agissent pas ainsi ». Njoya lui aurait alors répondu : « Les Allemands sont mes maîtres, qu’ils me fassent du bien ou du mal, je leur reste fidèle ». Le lendemain, il se confie au missionnaire bâlois Gerprägs, qui lui recommande de  tout mettre par écrit et d’en informer les autorités allemandes. Le sultan livre Ndame et le compte-rendu de leur conversation aux Allemands.

Le 1er Juin 1914 Röhm a écrit à l’administration à Buéa que sur la base de ses calculs, les revenus annuels de cacao et les exportations de bois de Manga Bell en rapport de ses dettes envers les intérêts européens, les marchands Duala ne devraient pas s’opposer à l’expropriation.

À la demande de Solf, cela aboutit à l’arrestation de Rudolf Duala Manga Bell et Ngosso Din, le 10 mai,  pour haute trahison. Emprisonnés à Douala leur procès a eu lieu le 7 Août 1914. la première Guerre mondiale venait juste de commencer, et une attaque des Alliés par l’Afrique de l’Ouest  au Kamerun était imminente; en conséquence, le procès a été précipité. Aucun enregistrement direct de la procédure n’a survécu. Ils sont jugés le 7 août 1914, le dossier de preuves utilisées contre Manga Bell a affirmé qu’il avait été coupable de collecte de fonds à partir de l’intérieur des terres et que son opposition à l’autorité concernant l’expropriation a été l’origine de troubles des peuples de l’intérieur. Le régime a affirmé que Manga Bell avait admis s’être mis en contact avec les pays étrangers pour l’aider contre l’Allemagne, il a été condamné  puis pendus le lendemain alors que la Grande Guerre venait de commencer. Juste avant son exécution Manga Bell aurait dit ces quelques mots : “Vous pendez un innocent, vous me tuez pour rien. Mais les conséquences de cet acte auront une suite mémorable. Maintenant, je quitte les miens ; mais maudits soient les Allemands. Dieu que j’implore, écoute ma dernière volonté : que ce sol ne soit plus jamais foulé par les Allemands“.

Le même jour, d’autres résistants sont exécutés par l’autorité coloniale dans différentes parties du Kamerun comme Martin Paul Samba, fusillé à Ebolowa ou Henry Madolla, chef Batanga à Kribi. La même année, le roi Dika Mpondo Akwa, meurt en déportation en Guinée espagnole et son fils Ludwig à N’gaoundéré. Lors du procès de Manga Bell et Ngosso Din, maitre Tilg, avocat allemand des Duala, est expulsé et par la suite porté disparu.           Au lendemain de la pendaison de Rudolf et ses compagnons, les Duala désertent la ville, encore sous l’hégémonie allemande, remontent le fleuve Moungo ou émigrent dans l’arrière-pays. Majoritairement, la population restée à Douala, particulièrement à Deido, collabore avec l’occupant qui s’emparent de la ville le 27 septembre 1914. Cette attitude se justifie par leur haine à l’endroit de l’ancien maître. Par exemple, William Bell, oncle de Rudolf, se rend à Lagos pour offrir à l’état-major de la marine anglaise son aide et sa disponibilité. Les Anglais acceptent sa proposition, et lui demandent en outre, d’être leur intermédiaire, afin de gagner d’autres Camerounais à leur cause.

Les historiens sont divisés sur la nature des actions de Manga Bell. Mark W. DeLancey et Mark Dike DeLancey l’on nommé “un nationaliste précoce», et Helmuth Stœcker dit que ses actions “avaient commencé à organiser un mouvement de résistance embrasant l’ensemble du Cameroun et à travers les différences tribus». Cependant, Ralph A. Austen et Jonathan Derrick soutiennent que «il est peu probable qu’une telle action radicale contre le régime européen était intenté.”

 En 1927 l’avocat officiel de la défense estimèrent ces arguments inexacts et racistes et que Manga Bell a affirmé son innocence jusqu’au bout. Les demandes d’épargner la vie des condamnés provinrent de Heinrich Vieter de la Mission catholique pallottine, la Mission de Bâle, et la Mission Baptiste, mais le gouverneur Karl Ebermaier a rejeté leurs doléances. 

Héritage

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Traité Germano-Douala du 12.07.1884

L’exécution de Manga Bell a fait de lui un martyr du peuple  Camerounais et peint les Duala comme un peuple héroïque. Son histoire est devenue une légende et est devenu la représentation du «mythe de l’oppression coloniale extrême, basée sur la domination catastrophique allemande à Douala». Dans les années 1920 Manga Bell a toujours  été très populaire. Un hymne “Tet’Ekombo” lui a été composé en 1929, est resté populaire. En 1935, son corps a été exhumé et ré-enterré derrière sa maison au quartier Bonanjo à Douala. Un obélisque a été érigé le 8 Août 1936 pour le 20e anniversaire de son exécution. Les Allemands et les puissances coloniales qui viendront  plus tard au Cameroun  ont dus se méfier des Duala et ceci n’a jamais permis à un nouveau un chef puissant pour prendre racine à Duala. Après que les Français soient devenus la puissance coloniale au Cameroun après la Première Guerre mondiale, le frère de Rudolf Duala Manga Bell, Richard Ndumbe Manga Bell a continué de se battre pour regagner les terres Duala perdues. Le fils de Manga de Bell Alexandre Douala Manga Bell a pris ses fonctions sous le régime français en 1951. La réputation de son père comme un martyr Duala  a donné à Alexandre Douala Manga Bell un grand standing parmi les Duala. Le Cameroun fait face à une longue guerre civile lorsque le parti  politique nationaliste Union des Populations du Cameroun est interdit dans les années 1950 et 60. Il mène dans le maquis une guérilla contre les forces françaises. En conséquence, le sentiment nationaliste manifeste a été évité et les chiffres tels que Manga Bell a été largement oubliée ou seulement brièvement traitée dans les livres d’histoire. Toutefois, des signes montrent que le Cameroun commence à prendre en compte son passé nationaliste par exemple, en Mars 1985, l’École Militaire Inter-Armes, a nommé une promotion des officiers de cadets après Manga Bell

Noces

La photo montre Emily Manga Bell a (1881 – 1936), reine de Douala et anticolonialiste combattant de la résistance et son mari Rudolph Manga Bell (1873 – assassiné 1914), roi de Douala et combattants de la résistance anti-coloniale.

Mariage de Rudolf et Emily Dayas

Mariage de Rudolf et Emily Dayas

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